26
Juil
2015
5
Salon du luxe à la maison de la chimie - juillet 2015

Salon du LUXE Paris Best of

« Luxe et Innovation ! » – « C’est décidé aujourd’hui j’innove ! » le ton est donné. Le salon du LUXE qui s’est tenu pendant 2 jours à la Maison de la Chimie à Paris les 9 et 10 juillet 2015, a rassemblé des intervenants et partenaires de qualité qui ont partagé avec nous leur vision du luxe en 2015 et celle de demain…

Je vous propose de découvrir un « Best Of » des meilleures interventions.

La journée commence par l’intervention de Jean-Claude Biver, éminent intervenant de la maison LVMH.

« ETRE LE PREMIER, DIFFERENT ET UNIQUE »

Ces 3 mots se sont imposés comme le slogan naturel de ces 2 journées. Retrouvez l’article complet de l’intervention de Jean-Claude BIVER ici. Monsieur BIVER a fait preuve de perspicacité et d’humour, et s’impose légitimement comme l’intervenant référent du salon.

Innover l’offre, Innover le lieux

Annie Bois, consultante et ancienne des Galeries Lafayette et La Redoute entre autre,  anime le second atelier sur « L’expérience client 2.0« . De part son expérience en retail Annie Bois insiste sur l’innovation de l’offre et du lieux qui pourront ainsi permettre une expérience client réussi. Les facteurs clés de succès ? L’innovation et les équipes. La symétrie des attentions, l’empowerment, être aussi attentifs aux employés qu’aux clients permettra la réussite du projet.

Lors de cet atelier Annie Bois a fait appel à Jérôme Schonfled de HOLI, Frédéric Savoyen de My travel chic, Laurent Demeure de Coldwell Banker et Nicolas Pasquier de Skinjay.

Laurent Demeure travaille dans l’immobilier du luxe depuis plus de 20 ans. Dès 1995 il avait su identifier que le premier besoin de ses clients étaient de ne pas se déplacer. Ainsi il a été l’un des premiers à enrichir ses annonces de photos ce qui était à l’époque innovant. Chaque client est unique et les marques doivent apporter une expérience unique et personnalisée. Le client peut changer de fournisseur ou de produit facilement il faut donc donner de la valeur à la prestation et apporter de l’expérience unique, qu’il ne trouvera que chez nous. Depuis 2015 il est question d‘inbound marketing même dans l’immobilier de luxe. Il se doit d’apporter un contenu de qualité et précis. 95% des contacts se font par email le soir ou tôt le matin et comme il s’agit d’une clientèle exigeante il faut lui répondre en moins d’une heure. De plus ce type de client ne se déplace que rarement  donc il faut lui apporter un maximum d’information chez lui, sur son smartphone. Il faut donc bien penser à l’usage de notre client. Laurent Demeure a ainsi intégré la 3D à son offre de service dans ses annonces afin de créer une relation client-professionnel unique. Ainsi grâce au digital l’expérience est là.

Le luxe, le rêve, la liberté.

Frédéric Savoyen de My Travel Chic doit pour sa part exprimer le rêve, la liberté, le service et la rareté dans son offre de voyage. Il doit être créatif pour susciter l’envie et le rêve. My travel chic c’est surtout une application mobile/tablette pour permettre rapidement à ses clients de choisir son voyage. C’est aussi une conciergerie afin d’être disponible pour ses clients pour leurs moindres exigences. Mettre de l’humain dans la relation client est un point important pour eux car seul l’homme pourra amener ce petit plus de conseil et de surprise même une fois que le voyage ait été réservé.

Jérôme Schonfled a créé HOLI, une startup lyonnaise basée sur une génération de LED. Pour Jérôme Schonfled après la relation client 1.0 avec une information descendante et un internaute passif ; la relation client 2.0 avec les réseaux sociaux, une relation de marque/consommateur différente basée sur une information montante. La relation 3.0 d’aujourd’hui n’est plus une relation linéaire. Elle est intemporelle, mobile, basée sur la data et liée à des objets connectés qui permettent l’hyper customisation. Les marques contextualisent d’avantage la relation, le parcours client grâce au travail fait sur la donnée.

La customisation est l’expérience client 3.0

La startup Skinjay s’appuie sur une « expérience client 3.0 » basée sur l’intime. En effet il s’agit d’une capsule de douche enrichit d’huiles essentielles que l’on place sur un adaptateur lui même fixé sur le mitigeur de notre douche. Nicolas Pasquier a ainsi lié l’intime, le luxe et l’innovation. Pour Nicolas Pasquier son coeur de vie c’est la liberté. Ce qui l’anime ! Créer des produits qui s’insèrent facilement dans la vie des gens, intuitifs, design et utiles. « On impose pas un produit, on impose pas un moment ». C’est le client qui décide, la marque doit créer l’expérience pour créer la relation, le lien !

Sandrine Andro de l’agence MAKHEIA intervient ensuite sur « opérer sa transformation digitale en interne ». Elle insiste sur la formation des équipes. La culture du digital passe par la formation. Le web-in-store c’est maintenant. 95% des clients cherchent sur internet avant de se rendre en magasin. De nombreuses technologies sont en train de se mettre en place dans les magasins pour aider les vendeurs au quotidien : le beacon, les puces RFID, etc.

Uninterrupted experience = knowledge

Natalia Noguera intervient ensuite avec fougue, pour nous présenter les 10 insights pour être innovateur :

  1. Celui qui se pose des questions est un innovateur
  2. Celui qui dit « j’aime les problèmes » est un innovateur
  3. Celui qui essaie est un innovateur
  4. Celui qui a une approche « user experience » est un innovateur
  5. Celui qui connecte ses pensées est un innovateur
  6. Celui qui est motivé, heureux même dans certains échec, est un innovateur
  7. Celui qui joue la sérendipidité est un innovateur
  8. Celui qui a l’intuition, le sentiment, le non rationnel est un innovateur
  9. Celui qui concrétise la pensée est un innovateur
  10. Celui qui crée un environnement propice au changement pour accueillir les innovateurs, est un innovateur.
accueil Maison de la Chimie Salon du luxe

accueil Maison de la Chimie Salon du luxe

L’humain est au coeur de la démarche d’innovation. L’humain est le dénominateur commun. La transmission de savoir-faire d’un artisan qui a un héritage c’est compliqué.

Natalia Noguera

Natalia Noguera l’humain est au coeur de la démarche d’innovation l’évolution de la relation est l’humain

Le 5ème atelier de cette première journée regroupe Laetitia Faure de Urban Sublime, C-A Rosillo de Bell&Ross et Nicolas Chemla de l’agence Luxifer autour du thème « L’authenticité comme vecteur d’innovation« .

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Laetitia Faure de Urban Sublime

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  1. Revalorisation des vrais gens. Avant la publicité montrait des mannequins. Maintenant la tendance est à la démonstration du vrai.
  2. Savoir-faire et transparence.
  3. Noblesse et simplicité.
  4. Accentuation de l’héritage. Les entreprises montrent le côté humain de leur marque.
  5. Renouveau des traditions locales : s’accaparer la tradition. Ex. des chaînes rachètent des restaurants traditionnels avec leurs histoires et leurs actifs et « relook » le site avec le designer Stark par exemple pour un restaurant à Marseille.
  6. Expérience immersive. La vidéo Chanel qui reprend l’interview originale de Marylin Monroe comme ambiance sonore et s’appuie sur un dessin animé stylisé et crayonné.
  7.  Revalorisation des employés. Chez Lulu Yoga ce sont les employés qui sont à la fois les vendeurs et les coachs des cours de yoga. Les vendeurs incarnent la passion.
  8. Revalorisation des interactions.
  9. Codes graphiques et langage émotionnel. Recréer de l’humanité.
  10. Humour. La nouvelle proximité. Ex Hermès : the break vidéo.

Nicolas Chemla de l’agence Luxifer a lui une autre vision du luxe et nous l’expose via ses 10 commandements du luxe qui nous montrent pourquoi il faut du noir pour faire du luxe :

  1. N’y-a-t-il pas une part de ténèbres, de folie dans le luxe ?
  2. Embrace your darkness.
  3. Multiplicité. Sortir de l’unicité. Par exemple Louis Vuitton invite des Créateurs à jouer avec le monogramme LV.
  4. Défier les démons. Flatter son égo. Ex. Moncler.
  5. Soyez mystique.
  6. Résurrection des morts. Ex. Mont Blanc.
  7. Etre éternel. Equilibre entre moderne et intemporel.
  8. Assumer la démesure même dans le minimalisme. Par exemple, Brunello Cucinelli : banquet infini.
  9. Embrasser le futur. Aller vers les étoiles
  10. Jouer le mystère, mettez de la distance. Le luxe, c’est accepter le mystère, savoir dire non à la transparence.

« Innover : l’avenir de la french touch » est animé par Elie Papiernik de l’agence Centdegrés dont la signature est « Think far, do well ». Monsieur Papiernik nous rappelle l’histoire de Louis Vuitton au 19ème siècle, période où le transport en bateau s’est développé. Monsieur Vuitton a ainsi souhaité accompagner ses clients dans leurs déplacement et créa la malle en toile enduite. Coco Chanel innova elle aussi. Au-delà de redéfinir un style vestimentaire pour les femmes, elle a redéfini la féminité toute entière. Dans le secteur du parfum il y a longtemps eu une absence d’innovation. Mais il y a 15 ans la maison Pochet, grand verrier français, entreprise familiale, 4ème génération, a repensé son flacon et s’impose aujourd’hui comme une référence. Visitez le site car il est sublimement réussi ici. Le parfum a aussi su innover en proposant des parfums sur-mesure et personnalisés à chaque client. Avec un positionnement de niche ils ont su attisé les envies des retailers qui se mettent eux aussi sur ce créneau. En 2013 les maisons Cartier et Richemont ont réinventé le flacon. Le flacon de La Panthère de Cartier est sculptée par l’intérieur. « Texturée de l’intérieur », le flacon s’offre à l’imaginaire et aux possibles.

L’audace ce n’est pas forcément la rupture, mais le désir.

Dessiner le flaconnage de luxe c’est créer des codes d’usages de rupture.

Mais en 2015, il est légitime de s’interroger sur les attentes des clients de demain. La génération millenium aura-t-elle envie de parfum demain ? Les grandes maisons y travaillent déjà. C’est en réinventant en permanence, en innovant qu’on crée le futur.

Thibault Ponroy s’exprime ensuite sur « Exporter le luxe autrement« . « Think far, do well » plus que jamais les marques doivent s’interroger sur leur capacité « think far », les nouvelles règles du jeu.

Nous sommes passés du global au glocal.

La globalisation c’est l’extension du terrain de jeu. La maison Chanel qui organise ses défilés en Russie, Mc Donald et son Mc Bag, et Carrefour qui s’installe en Chine avec 5% de produits chinois et qui aujourd’hui référence 95% de produits chinois.

Mais on doit s’alerter sur des tendances de « masses » qui amenuisent la marque. Avant les vitrines des grands magasins émerveillaient les gens. C’était quasiment une balade dominicale. Un moment magique ! Aujourd’hui avec le phénomène de franchise il n’y a plus aucune surprise. Quelque soit le pays que l’on visite nous sommes sûrs de retrouver quasiment le même merchandising et produits. Nous sommes face à un phénomène de standardisation extrême.

Les marques ce sont des enfants, elles naissent, grandissent et meurent. Dior et Chanel sont l’exception, mais regardons Kodak, Panam, Radioshak, Virgin, etc.

Avant les gros mangeaient les petits, maintenant ce sont les plus rapides qui survivent.

Le salon du luxe a été un événement sublime.

A l’année prochaine…

#salon du luxe

« The best way to predict the future is to invent it » Alan Kay

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